Sans tabac, ni goudron, ni fumée, la cigarette électronique est autorisée dans les lieux publics. Elle est en vente depuis mardi chez deux buralistes du département.
ça ressemble à une cigarette, ça a le goût d’une cigarette (ou presque), mais ce n’est pas une cigarette puisqu’on peut l’allumer tranquillement au restaurant ou en discothèque sans tomber sous le coup de la loi. « Depuis l’interdiction de fumer dans les lieux publics, je suis à l’affût des produits de substitution », explique Laurent Maquart, président de la Confédération du tabac de Saône-et-Loire et buraliste de la place de l’Église à Montceau. Emballé par cette « e-cigarette » inventée aux États-Unis en 2000 et commercialisée en France depuis 2008, M. Maquart n’aura réussi à convaincre que le Tabac Chevrier à Montchanin (contre six en Côte-d’Or).
« La marge est pourtant plus importante que sur le tabac et ce produit haut de gamme nécessite des recharges ce qui permet de fidéliser le client», analyse-t-il.
Bijoux de technologie
Un peu plus longue qu’une « blonde tabac », la cigarette électronique est composée d’un tube métallique blanc, d’un réservoir de plastique orange, d’une batterie au lithium, d’un microprocesseur et pour être dans le coup, d’une diode rouge qui reproduit la flamme. Le « e-fumeur » choisit sa dose de nicotine, ou choisit un parfum sans nicotine. En aspirant, il déclenche le système et inhale un mélange vaporisé, rejetant une fumée légère, sans odeur, comparable à celle de la chicha. « Sur les 4 000 produits toxiques contenus dans la fumée de la cigarette tabac, il y a seulement de la nicotine et de la glycérine végétale, totalement inoffensive », assure Frédéric Dassonville, médecin au centre d’addictologie de Mâcon. Depuis deux ans, il en a prescrit à des centaines de patients qui cherchaient à arrêter de fumer. Mais alors pourquoi cette cigarette « sans fumée » est-elle si peu répandue dans les officines de Saône-et-Loire ? Le médecin mâconnais voit derrière ce constat la main des lobbies pharmaceutiques. La cigarette électronique arrivera sans doute à se faire une place dans les cendriers saône-et-loiriens, entre les volontaires pour qui le sevrage doit allier le geste à la parole… et les inconditionnels du café-clope au comptoir.
Marion Giouse
www.edsylver.com